
En faisant le ménage dans d’anciens dossiers d’images, j’ai retrouvé cette photographie, prise lors du vernissage d’une exposition qui s’était tenue à Reims en 2006.
Delphine Balley « L’album de famille, la chambre d'enfant » 2005
Il se trouve que ces jours-ci, je tombe par hasard sur cette série de publicité pour une marque de vêtements datant elle aussi de 2005. Si la
première, un enfant déguisé en fantôme avec la jupe de sa mère peut prêter à sourire, la seconde une jeune fille mimant la femme enceinte avec l’aide de son frère est beaucoup plus provocante,
surtout associée au slogan suivant : « A quoi ça sert d’imaginer des vêtements si on ne peut rien faire dedans ? »

Entre les deux (2006 ?) cette autre réclame met en scène trois enfant installés… dans une assiette de soupe à
la tomate. Arrêtons nous un moment pour en observer le dispositif.
D’abord, la couleur rouge dominante qui donne le ton d’un univers moins sage que celui jusque là décliné par la marque : nappe à carreau (un brin rétro) évoquant les années 50, velouté à la tomate… Ensuite l’échelle des figures par rapport à celle de la vaisselle qui métamorphose ainsi l’assiette en bassin.
Examinons quelques détails : une petite fille blonde (avec des nattes) vêtue d’un T-shirt blanc et d’une jupe
rouge à pois blancs, les pieds plongés dans la soupe, un garçon en blanc assis comme un pacha dans un pouf en plastique transparent et gonflable, une autre fillette en robe bleue qui semble
glisser sur le manche d’une cuillère comme sur un toboggan…

Il semblerait bien que ces enfants fassent allusion à certains détails des illustrations tirées de la généreuse
iconographie de Alice au pays des merveilles…
W.Disney, 1951
Pour ma part, j’ai retenu quelques images de Anthony Browne empruntées à la version 1989, publiée par
Kaleidoscope.

On y retrouve la boisson qui fait rétrécir, les champignons vénéneux du Thé chez les fous (amanites phalloïdes sur le coin de la table en bas à droite), ou magique recommandé par la chenille bleue…
la chute vertigineuse (et délicieuse) d’Alice dans le puits…

ou encore, dans l’épisode de « Le quadrille des homards », le griffon qui demande à la tortue de chanter pour Alice la chanson de la soupe à la tortue :
« Belle soupe, onctueuse, et odorante, et verte,
Qui repose, brûlante, en la soupière ouverte,
Que ne donnerait-on pour avoir l’avantage
De te savourer, cher, délicieux potage !
Belle soupe, soupe, soupe, soupe du soir ! »
Anthony Browne, 1989
Réclame 1958
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