
Pourtant les premiers portraits que j’ai croisé de Henry Howard, tout trois de la main de Hans Holbein, le
présentait plus jeune et donc pas très ressemblant à celui de l’homme au pourpoint rouge.

H.Holbein « Henry Howard », 1533
D’autres personnalités de cette époque auraient pu, par l’apparence, convenir davantage, ainsi par exemple
William Paget (1505-1563), Henry Fitzalan (1511-1580) ou Thomas Boylen (1477-
1539) ou encore William Reskimer (1515-1564).
Maître de Stätthalterin “William Paget”, 1549
Hans Eworth « Henry Fitzalan » 1545
Hans Holbein “Thomas Bolyen” 1532
Pour les deux premiers, W.Paget et H. Fitzlan, ils était trop âgé en 1546 (44 et 35 ans), le troisième T.Boylen était déjà mort…

Hans Holbein William Reskimer (1532)
Quant à W. Reskimer, sa biographie succincte nous apprend qu’il devint en 1546 l’intendant en chef du palais de Henry VIII. Si le critère
d’âge est plus probable et que l’évènement de sa nouvelle fonction méritait sans doute un portrait, rien pourtant dans ce portrait d’Holbein, ni par le costume ni par les attributs, ne le
rapproche du portrait flamboyant de Hans Eworth.
« Mais qu’est-ce que vous regardez comme ça ?», m’a demandé, au bout d’un long moment, l’un des deux gardiens qui était resté pour me tenir compagnie. J’ai décelé dans sa voix une pointe d’agacement mêlée de curiosité.
Si je lui avait répondu « Je m’intéresse aux bagues », ne m’’aurait-il pas soupçonné de vouloir les
voler ?

D'un tempérament vif et querelleur, il se fit beaucoup d'ennemis et fut emprisonné plusieurs fois pour mauvaise conduite.
Arrêté avec son père sous de fausses accusations de trahison, il fut condamné à mort et décapité en 1547.
Peintre inconnu « Henry Howard », 1947
Bien que n'étant pas fondamentalement un homme de lettres, Howard enrichit considérablement la
littérature anglaise en introduisant de nouvelles formes poétiques. Ses poèmes d'amour, comme ceux de son contemporain sir Thomas Wyatt, montrent l'influence de modèles italiens. Tous deux
sont à l'origine de la forme anglaise du sonnet (trois quatrains et un distique final). La traduction d'Howard des deuxième et troisième livres de l'Énéide de Virgile en
vers non rimés de cinq ïambes utilise cette forme métrique pour la première fois en anglais. Quarante de ses poèmes furent imprimés après sa mort en 1557 dans « Songes et
Sonnets » et la même année parurent ses traductions de Virgile.
(Sources
Encarta)

Henry Howard me semble donc, selon toute vraisemblance, être le nom de ce gentilhomme anglais présent au musée de Besançon.
Hans Eworth « Gentilhomme Anglais », 1546
Son portrait en habit rouge correspondant assez bien à son titre de chevalier et sa main sur la garde de l’épée
à sa fonction de gouverneur de Boulogne. L’autre main, posée sur le crâne, prend elle aussi tout sens lorsque l’on sait que à cette époque il traduisait Virgile (poète Romain) comme St Jérôme
dans son cabinet traduisait la bible en latin. Quand au lion qui accompagnait St Jérôme, et qui pourtant est apparemment absent de la peinture, il se trouve pourtant matérialisé par le blason
de l’Angleterre, le quel est précisément figuré sur la chevalière du gentilhomme.