


Sur le site de Rungis (commanditaire de cette campagne publicitaire) il est précisé que celle-ci « fait référence aux campagnes de mobilisation de la seconde guerre mondiale. Elle fait un clin d'oeil aux campagnes chocs incitant la population à l'effort de guerre. ». La référence aux images de propagande de cette période n’est donc pas implicite.

Ce qui a sans conteste a orienté l’agence publicitaire chargée de cette campagne dans son choix iconographique (eux parlent de visuel !) repose d’abord sur un
vocable guerrier (défense, combat, sur tous les fronts, soldats, décorations…), dont la référence immédiate à une période historique est tellement évidente qu’elle
tient effectivement de la citation formelle.

L’idée de mobilisation appliquée à l’ensemble de la population (sur tous les fronts), à plusieurs corps de métiers ou à différentes catégories sociales, n’est est pas sans rappeler d’autres dispositifs analogues.



Enfin, les slogans choisis (ensemble, tous unis, sécurité, confiance) rebondissent sur les termes d’une campagne politique récente qui a eu la fortune que l’on sait. Car, comme on peut s’en douter, les formes ou les modes de composition d’une
image médiatique sont liés non seulement à la nature du support mais aussi et surtout à la culture ambiante d’une société.

Par ailleurs, contrairement à ce que j’ai pu lire dans un des commentaires qui disait « qu’il n'y a
quasiment pas d'affiches faites par les Alliés pendant la seconde guerre mondiale qui reprennent ce type de mises en page et de message », il se trouve que l’une d’entre elles s’avère être
un emprunt direct à deux affiches, l’une américaine et l’autre française, datant en fait de 1918.
Alfred Everett Orr, 1918
Carlu 1918
Le dernier aspect que l’on doit souligner pour cette campagne, est l’intention annoncée de traiter avec humour un sujet qui, si il est à n’en pas
douter important, n’est sans doute pas aussi grave que le laisse supposer le ton guerrier des slogans, dont la typographie cursive est finalement plus proche de celles
utilisées pour certains produits de consommation.
L'un de ces marques fut d'ailleurs mise en image
par Jacques Parnel lui même... (au passage, belle image de la femme !)

En parcourant rapidement l’univers graphique de l’illustrateur Jacques Parnel, choisi pour réaliser ces images, on peut se rendre compte que ces jeux de décalage y sont assez fréquents, rappelant en cela à la fois certains travaux du Pop Art (R.Hamilton, M. Ramos…), les peintures de René Magritte (Golconde) ou celles de Mark Tansey .
Jacques Parnel « L‘accident », 2000
Mark Tansey « Pleasure of text », 1986
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