4 – Withe spirit and black suite (Bragaglia - Eliofson - Obsatz - Marey)
Guiliio Bragaglia, 1911-1912
Si les travaux scientifiques, mais néanmoins photographiques, de Marey et Muybridge devaient permettre à Balla, Boccioni ainsi qu’à
Marcel Duchamp de déplacer les codes de représentation en prenant pleinement pied dans leurs temps, les travaux du Photographe Italien Aton Giulio Bragaglia, membre du mouvement Futuriste en
sont, pour leur part, une prolongation directe, ne serait-ce que par l’utilisation d’un support identique, à savoir : la lumière.

L’aspect fantomatique, voire immatériel, des êtres photographiés étant
parfois accentué par la l’immobilité entêtante d’un objet (machine à écrire, mobilier…)
Guiliio Bragaglia "La giffle ",
1910La frontière poreuse que trace Bragagliaentre figuration et abstraction par son approche photo-dynamique ("fotodinamismo") est, en ce sens, plus proche des questions esthétiques de Duchamp, à cette époque (ou de celles que Francis Bacon explorera quelques quarante ans plus tard), que de celles de Balla dont Duchamp, se souvenant du Dynamisme d’un chien en laisse , dira, dans les années 50, que « le futurisme, au fond, n’avait guère été qu’ un impressionnisme du monde mécanique, quelque chose comme un naturalisme assez niais, qui aurait pris comme source d’inspiration la machine au lieu des chênes de Fontainebleau ».
Pourtant, Duchamp n'évoque pas, à ma connaissance, du travail de Bragaglia, et ceci est d’autant plus étonnant que en 1917, reprenant l’idée d’un montage de ce même photographe, il se fera photographié à son tour, démultiplié, assis à une table…
A.G.Bragaglia « Boccioni » 1907 et Duchamp en 1917
Obsatz « Marcel
Duchamp »,1959 - A.G. Bragaglia « Autoportrait » 1913

Eliot Eliofosn « Duchamp descendant un escalier », pour Life Magazine n°28, avril1952 [sources]
Duchamp aimait la mise en abyme autant que les jeux de mots, il semble donc évident que, reprenant cette toile qui avait fait son succès par un mini scandale était (pour les américains il s'agissait donc de l’image même de Duchamp) il ait choisi d’endosser le rôle de son modèle, revoyant ainsi l’ascenseur (si l’on peut dire) aux critiques de l’époque : One man show in a suit, in a staircase…
Peut-être une façon enjouée de dire (sur le ton de la mise en boit!) que cette double descente (détente ?)
était d’abord le signe évident d’une ascension...
“Buckingham Palace, Grand Staircase” – The Graphic, 1870
E.J.Marey – « Homme descendant une rampe », 1886
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