entre les signes

5 - Double foyer

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Cette affiche, proche par le style graphique de Jules Chéret (élipse du trait, palette chromatique et traitement des couleurs du fond…) est d’un auteur anonyme. On peut cependant la situer dans les années 1890.

Sa composition, faite sur un principe de symétrie, dont le flacon de lait posé sur la table servirait presque d’axe, montre deux femmes, dos à dos (ici l'expression est à prendre propre et figuré), occupées à regarder dans une longue vue (ou un microscope ?).

Ce qu’elles voient, l’une et l’autre, est figuré (pour nous) à l'avant de la lentille de l’appareil (dispositif fictif à rapprocher de la fenêtre dans le ventre de la baleine) : à gauche une tache blanche (donc rien), à droite quatre petites bestioles malignes dont on imagine qu’elles représentent des microbes ou des bactéries.

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(détail de l'affiche ci-dessus)

A gauche, il est indiqué, sur un panneau que le lait est stérilisé, tandis que à droite, il est nature. L’attitude de la femme de droite réprimant un geste de recul confirme d’ailleurs qu’elle semble dégoûtée, voire horrifiée. En d’autres termes : "le lait nature est impur à la consommation."

 
 

La réclame comparative qui fit flores dans les publicités des années 1960, vantant les produits ménagers ou alimentaires, ne date donc pas d’hier.

 


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(sources)

 

Un autre élément pourrait aussi retenir notre attention, il s'agit du nom de la marque : « Lait de la Ferme des Aigles ». L’association ferme/aigle, aussi étrange que cela puisse d’ailleurs nous paraître pour un produit fermier, correspond cependant dans l'affiche à une première évidence attachée à l’adage populaire qui dit que « seul le regard perçant d’un aigle peut déceler les plus ses proies de très loin ».

 

 

 

La Ferme de l’aigle a donc veillé au grain en éliminant, par stérilisation (le brevet de pasteur date de 1874), les bactéries.

 

Cette réclame témoigne donc des préoccupations d’une ferme moderne, soucieuse d’hygiène et attachée à utiliser les dernières découvertes scientifiques.

 

Pourtant, d’autres nombreux produits laitiers ou ustensiles ont utilisé cet emblème ca qui laisserait penser qu’il y a sans doute une autre signification dans le choix de cet animal.

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Des légendes ou des mythes (aussi bien chrétiens que grecs) ont fait de l’aigle une figure tutélaire à forte portée symbolique.

 

Par exemple, celui-ci est représenté dans le Tétramorphe, entourant le Christ en gloire, aux côté de l’homme, du lion et du taureau. Habituellement assimilé à St Jean qui en fait d’ailleurs la description suivante « il s’élève pour contempler la vérité, en s’approchant de la lumière ».


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Tympan du portail de St trophime - Arles
 


Il y aurait donc, dans l'affiche, une sorte de redoublement de la proposition, par le jeu des deux registres (scientifique et religieux) de la blanche pureté du lait, comme en témoignent en contrepoint les quatre figures chimériques et maléfiques de la bonne Nature, figurées dans le foyer de la longue vue.


[...]
 

 

 

 

 

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4 - Un son cible

Cette année-là, le thème retenu par le festival de l’affiche de Chaumont était le Jazz et la mode.

 
Je dois dire qu’en toute honnêteté, je ne vois pas vraiment comment il était possible sur une affiche de figurer (de faire dialoguer ou de faire tenir) ces deux idées. C’est sans doute pour éviter ce tiraillement que l’affiche de Alain Le Quernec n’a choisi dans le texte tout au moins de ne faire figurer que l’une des deux termes.

 


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Par contre le télescopage des mots Jazz et Rock assure la dualité de la proposition. Doit on comprendre ici que Jazz et Rock s’affrontent à coup de décibels, à nous crever les tympans?

 
 
L’entrelacement des signes (miroir brisé/rétroviseur)…

 

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Alain Le Quernec – Campagne présidentielle (1980)


 

les références directes aux œuvres plastiques (Arman/Christo)…

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Alain Le Quernec – Musique en mai (1976)


et les jeux de langage sont des procédés qu’affectionne Le Quernec.

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Alain Le Quernec – Boycott Total (1999)

 

Ainsi en témoigne l’oreille perforée, figurée au centre de ce carré rouge, basculé sur un fond bleu, qui serait donc la cible de ces musiques. Comment pouvait-elle rester insensible à ces musiques qui remuent, balancent, décoiffent, dépotent, ou touchent droit au cœur …

 

Les lettres comme les sons volent en éclat, culs par-dessus têtes telles ces figures acrobatiques que réalisent les danseurs Rocks…

 
Aussi pourrait-on lire ici dans ce chahut visuel dans le ricochet du regard : « J’arrose" (JAROZ) et « J’ose » (JOZ) ou encore « Assez ! » (AC)…

 

Le traitement plastique de l’affiche convoque par ailleurs, par l’aplat des couleurs, le référence à un objet (la cible/l’oreille) et le jeu discret mais évident des perforations (points/trame) les travaux de certains artistes du Pop Art.

 

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Warhol « Cow » (1973) Rétrospective 1987

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Jasper Johns. “Target with plaster casts” (1955)

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(Moulage d'une oreille - détail de "Target")

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Lichtenstein – Crak ! (1963)

 

Alain Le Quernec, est donc un "chasseur armé d'une affiche, ce fusil à un coup qui ne peut rater sa cible." remarque Thierry Le Boité, dans son article.

 
C’est même ce que l’on appelle Mettre dans le mille ou Faire un carton!, ce qui somme toute était l'objet de la commande.

 

[...]

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3 - Le son des choses

 

Dicoapatonson : n.m. c’est un outil garni de musicien donnant la hauteur à chaque extrémité d'une petite boule — fréquence ouaté.— d'une note-repère afin qu’il accorde — étalonne — son instrument. Petit et pratique d’emploi, il joue un rôle important et, surtout doit n'être utilisé que dans le pavillon. Constitué de deux lames épaisses de coton parallèle, vibrant en émettant l'excès de cérumen étalonné ; ce son qu'elle secrète est amplifié si on l’introduit dans le conduit auditif. la base dite aussi bâtonnet pourrait causer sur une cavité résonnante, comme la caisse d’une guitare externe… etc

Cette définition fantasque d’un mot valise pourrait être la légende presque exacte de l’instrument atone rêvé.


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Il s’agit en fait d’une des affiches réalisée par Michal Batory pour les saisons musicales de l’IRCAM et l’EIC (Ensemble Inter Contemporain), orchestre polyvalent spécialisé dans l’exécution des pièces contemporaines.


Au début, par association d’idées, j’ai d’abord pensé au fameux poème de Guillaume Apollinaire : « Du coton dans les oreilles », poème écrit au front en 1915, tandis que pleuvaient les obus sur dans les tranchées et restitué sous forme d’un calligramme.


 

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Extrait de "du coton dans les oreilles" in Calligrammes, section "Obus couleur de lune", envoyé à Madeleine le 11 février 1916.

Mais c'était un contre sens car il s'agissait de se déboucher les oreilles et non l'inverse : s'ouvrir aux bruits et aux sons du monde nouveau. Quoi de plus naturel : il n'y a pas que les murs qui ont des oreilles même si on n'en ramasse pas à la pelle tous les jours.

 


 

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"Dans cette association de l’idée de se nettoyer les oreilles et d’accorder un instrument, généralement les gens comprennent qu’il y a un gag. Le message pourrait être : réveillez-vous et écoutez quelque chose que vous n’écoutez pas d’habitude. Je pense que s’il s’agit d’une provocation, elle reste assez légère." précise un commentaire de l’auteur, sur le site Pixelcréation.

Pourtant plutôt qu’un gag, une simple idée, hâtivement griffonnée, nous avons affaire à un prototype crédible, une objet hybride et mutant.

 

 
Certes, l’idée n’est pas nouvelle car c’est bien là le mode de télescopage dont René Magritte usait dans ses tableaux.

 


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R . Magritte – « l’explication » 1952

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R.Magritte – Le modèle rouge - 1935


D’ailleurs Michal Batory le reconnaît bien volontiers : "Bien sûr, dans mon travail, il y a l’influence de Magritte. Le surréalisme est proche de la tradition de l’affiche polonaise. Ma démarche est comparable en ce sens que j’amalgame deux objets qui en forment un troisième qui n’existe pas. Souvent dans mes affiches on retrouve ce dialogue entre deux éléments qui ne sont pas faits pour être ensemble."


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M.Batory - Arsenal de Metz - Affiche - 2002


Ce catalogue d’objets introuvables, décliné avec rigueur fonctionne donc sur l’écart entre le vraisemblable et le calembour visuel.

 

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Ce qui est troublant par contre c’est le procédé utilisé qui, utilisant les performances techniques d’un pinceau numérique de retouche photographique nous ferait presque prendre des vessies pour des lanternes ou des Boulez pour des Boules Quiès.

Et pourquoi pas des flûtes pour clarinettes, des clous pour des cuivres ?


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"Pour l'IRCAM, j’ai développé une ligne graphique basée sur les rencontres d’objets autour de la musique et de la vie et autour de signes énigmatiques qui dégagent une certaine émotion, ce qu’est avant tout pour moi la musique." dit encore M.Batory.

Souvenons nous aussi qu’un certain Marcel Duchamp, arrosant ses lavis au long sel, disait qu’il ne fallait pas confondre « le Sacre du printemps avec la crasse des tympans. ».

 

[…]

 

 

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L'aube du bain (actualité du mythe)

« D'un côté il s'agit toujours par la scénographie et le traitement du jeu de réinventer à chaque fois le rapport acteur/public afin de sortir d'un confort amollissant pour la perception et redonner ainsi une acuité particulière au propos. D'un autre côté de rechercher cette sorte de polyphonie générale des langages chère à Artaud, recherche que nous poursuivons depuis notre création, basée sur le « bouleversement des sens... » déclaraient Michel Mathieu et Mamadi Kaba, les directeurs du Théâtre 2 l'Acte en 1968.


 

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Cette affiche signée Ronald Curchodet François Serveau fut réalisée à l'occasion de la la création du cycle de Médée par le Théâtre 2 l'Acte de 1995 à 1997 : "Rivage à l'abandon, Matériau Médée, Paysage avec Argonautes " *, d’après les textes d'Heiner Müller qui sont des variations contemporaines sur des figures anciennes de la mythologie grecque, figures auxquelles Euripide avait consacré deux tragédies.

Le style de H.Muller est souven décrit comme tranchant, cherchant à provoquer l’explosion de l’image dans le souvenir et dans le texte. Le ton est tout à la fois tragique et comique, traitant des questions de la mort, de la trahison, de la violence ou du colonialisme.

« Mes textes sont écrits souvent de telle manière que chaque phrase, ou une phrase sur deux, ne montre que la partie émergée de l’iceberg, et ce qu’il y a en dessous ne regarde personne. » précisait d'ailleurs l'auteur.

 

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Ronald Curchold - Compagnie Pupella-Nogues (1997)

Habituellement le travail de R.Curchold est plutôt pictural […] mais il arrive souvent que celui-ci combine dans ses affiches la photographie avec un travail du trait ou de la couleur.

Ici pourtant, seule la photographie de François Serveau a été utilisée pour le visuel de l’affiche.


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L’image présente un espace désaffecté, en ruine : les cloisons de brique on été abattues, des gravas jonchent le sol. Quelques éléments fragmentaires (carreaux, présentoir à papier ainsi qu’une baignoire indiquent qu’il s’agissait là d’une pièce d’eau. Ce serait l’image ordinaire d’une désolation si, une lumière dorée irradiant la baignoire, ne venait rompre avec cette impression.

 

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François Serveau - Pelléas et Melisande de Maurice Maeterlinck par Jean-Christophe Saïs

 

Cette ambiance surnaturelle crée par l’intervention d'une lumière artificielle est un procédé souvent utilisé par ce photographe, autant d’ailleurs que par les éclairagistes au théâtre ou que par René Magritte dans certaines de ces peintures.

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René Magritte - l'Empire des Lumières - 1954

 

H.Müller avait donné des précisions en insistant sur la nécessité d’un naturalismede l’espace de mise en scène : « Rivage à l’abandon peut se jouer pendant que se déroule, par exemple, le programme d’un peepshow, Matériau-Médée au bord d’un lac près de Straussberg qui serait une piscine envasée de Beverly Hills ou une salle de bains d’une clinique psychiatrique. »

On pourrait donc considérer qu’il y a ici une sorte d’illustration au pied de la lettre des intentions de l’auteur.

Cependant, comme on vient de le souligner, le caractère naturaliste du cadre proposé est entamé par la présence irréelle de l’objet baignoire qui ici joue sans doute simultanément plusieurs fonctions.

Une baignoire c’est d’abord la forme d’un bateau – nom que l’on donnait d’ailleurs à certaines d’entre elles – Ce bateau imaginaire pourrait donc faire référence à l’Argos, navire des Argonautes, conduit par Jason et qui partit à la recherche de la Toison d’or. D’où sans doute, la lumière dorée.

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La baignoire c'est aussi, en creux, l’évocation de l’eau ici remplacée par un or liquide et immatériel (procédé de transmutation) ou encore par un corps. Peu de choses en effet, dans la forme, séparent une baignoire d’un sarcophage ou d'un cercueil.

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J.Louis David – « La mort de Marat » (1793), Reims

On sait par ailleurs que la quête de Jason croisa la route de Médée, figure particulièrement sombre de la mythologie grecque.


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Gustave Moreau. ''Jason et Médée'' (1865), Musée d’Orsay


Le récit de ce personnage est effet une succession de meurtres et de fuites à travers la Grèce.

 

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Eugène Delacroix "Médée furieuse" (1862), Musée du Louvre


L’ambiance chaotique du lieu évoquant d’un côté les idées théâtre de la distanciation de G.Brecht ou celui des décors plus bruts de T. Kantor doit aussi beaucoup à une esthétique contemporaine de l’installation, des performances de Fluxus, ou encore aux interventions 'in situ" de Gordon Matta Clark et l’investissement des friches industrielles tel qu'en réalise le photographe Georges Rousse

 

 

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Joseph Beuys "Jason II" (1965)

[...]

 

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* Concernant le texte on peut consulter ici le document (pdf)

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L’exposition "Entre les signes" propose, à travers un choix restreint de pièces du fond d’affiches de la ville de Chaumont, d’interroger quelques uns des aspects qui, de façon implicite ou explicite, posent la question du récit, voire de la fiction dans un dispositif graphique.


Rives et dérives (l'actualité du mythe)


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Carte postale - 1895

 

Une baleine s'échoue sur la plage de Villerville en 1893. Le chansonnier Simon Max, propriétaire du Casino de cette ville balnéaire, en fait l'acquisition et après en avoir négocié l'huile et le lard il y installe un théâtre pouvant contenir jusqu'à une centaine de spectateurs. Hélas, l'hiver suivant, la baleine, transportée au Casino de Paris, disparaît dans un incendie.



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Sur les deux affiches datant de cette époque, la fameuse baleine - dont on notera cependant les différences entre les deux spécimens ou le choix de leur représentation - , transformée en salle de spectacle, est présentée de façon à nous en montrer simultanément l'extérieur, autour du monstre marin (proportions non réalistes ), la présence d'un public nombreux et l'intérieur (fenêtre) du ventre aménagé.


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Affiche de la Collection Dutailly (Chaumont)


C'est le même procédé qui est utilisé deux fois : une ouverture virtuelle pratiquée sur le flanc de l'animal permet d'en comprendre une partie de l'aménagement intérieur (sièges et écran de projection). Sur l'affiche appartenant à la collection Dutailly, outre la localisation indiquée par le texte, (Villerville) nous avons aussi le nom du spectacle : " Jonas Revue "

 

On peut bien évidemment penser à la référence de l'épisode biblique de Jonas qui, suite à sa désobéissance à Dieu, ayant pris la mer, sera jeté par ses compagnons de voyage, dans le ventre d'un grand poisson, (souvent identifié à une baleine).


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Nancy, 1492-1493. Parchemin (BNF)


Jonas y restera trois jours et trois nuits, avant d'être recraché sur le rivage et d'accomplir finalement la tâche qui lui incombait... voilà en tout cas pour l'épisode dit de la baleine.


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Enluminure allemande du Moyen Âge.


Il semble pourtant plus probable que cette accroche du titre du spectacle soit à rapprocher d'une culture plus populaire, on pense en effet au personnage de Pinocchio de C. Lorenzini dont on se souviendra que les deux éléments théâtre et baleine (Jonas) jouent un rôle important dans ce conte.


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Pinocchio- Enrico Mazzanti (1883)

 

Dans un sens, le nom du spectacle, par le truchement de l'histoire de Pinocchio renvoie à la morale du recit  biblique induisant, de façon implicite, qu'un séjour dans le ventre de la baleine (celle de Simon Max) est l'équivalent d'une métamorphose. L’expérience de Jonas, proposée au visiteur-spectateur, revue et corrigée par la mise en scène, proposerait donc, implicitement, une sorte de nouveau rituel et peut-être l'idée d'une nouvelle naissance (aux sens).

 

Cependant, concernant la construction graphique de l'affiche et les éléments utilisés (la sirène installée sur le dos de la baleine, par exemple) on retrouve, à la même époque, des réclames pour des marques de savons contenant des informations (signes) similaires.


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[...]

 

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