brèves vues






« Derrière ma fenêtre, à quelque trois cents mètres, la forme vert sombre d’un bouquet d’arbres, montagne de feuilles et de branches qui chancelle et menace de s’effondrer. Une foule de hêtres, bouleaux, trembles et frênes, tous ramassés sur une petite butte, leurs cimes confondues en une même masse liquide, échine de mer convulsée. Le vent les secoue et les fouette jusqu’à les faire hurler. Les arbres se tordent, plient, se redressent à grand fracas, s’étirent comme s’ils songeaient à se déraciner, à s’enfuir. Non, ils ne cèdent pas. Douleur des racines et des feuillages rompus, féroce ténacité végétale non  moins puissante que celle des animaux et des hommes. Si ces arbres-là se mettaient en marche, ils détruiraient tout sur leur passage. Ils préfèrent rester là où ils sont : ils ils n’ont pas de sang ou de nerfs mais de la sève, et ce n’est pas la colère ou la peur mais une obstination silencieuse qui les habite. Les animaux fuient ou attaquent, les arbres demeurent cloués en leur lieu et place. Patience : héroïsme végétal. »

 

Octavio Paz, Le singe grammairien, « Les sentiers de la création », Albert Skira Editeur, 1972 -  P.11

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La transe du "Gros" (états)



La "Danse du gros",
préparation à "Incantations" de Julie Faure-Brac
(Bande sonore: Jacko Dupont, Emmanuel Aldeguer et Clément Faure-Brac)





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Ce verre d'eau et d'autres animations sont visibles sur le blog
François Matton


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« Au déjeuner (et tandis qu’accroupi près de nous, le jardinier repique indéfiniment le gazon que, tout à l’heure, nous piétinerons à nouveau. Patience sans revers des gens d’ici : au moins travaillent-ils le buste droit, et non l’échine courbée vers la terre), V. nous raconte l’histoire de son grand père qui, dégoûté du tour qu’avait pris le monde, refusa, dans les vingt-cinq dernières années de sa vie, de sortir de chez lui. Devenu sourd, il ne communiquait plus avec son entourage que par signes, gestes ou billets. Chaque fois qu’il avait à lui demander quelque chose – fût-ce, à table, un couteau ou un verre – V. lui faisait passer un dessin. »

 

Hubert Damisch "La fenêtre jaune cadmium (ou les dessous de la peinture)," Editions Seuil, 1984, P183-184



Crayon sur papier, 1996


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ce n’est pas la nuit

mais une lame

    déferlant

              sur l’échine souple

des collines

 

 

luisantes écailles

les buissons ourlent

                                 sous l’écheveau

             d’écume saccadée

que tord la touche nerveuse

 

 

un flux qui tournoie

emportant la voie

                                        d’un revers

et tous les lampions du ciel

            dans un déluge soudain

 


ce n’est plus la nuit

                              mais une vague qui brasse la voûte

agitant le bleu

      secouant la cime

d’un obscur flambeau

 

                          

la rage du mistral

        et là-dessous

             tapit dans la plaine

         un monde miniature

couve et veille ses craintes

 

 

Notes depuis (sur d’une toile de Vincent Van Gogh), Aix 1987

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Van Gogh and the colours of the night

Van Gogh Museum, Amsterdam

Exposition du 27 février au 9 juin 2009

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