(re)vue

(un tchèque en blanc)


Entropa : l'italie

 


« Donnons la parole au chef de l’État ! Formules géniales du président tchèque Václav Klaus en flux continu. Une sagesse à sculpter dans la pierre. Ses réflexions formidables et pertinentes sur le monde et notamment sur l’UE défilant sur un écran LED alphanumérique à trois lignes. C’est NOTRE président, nous l’avons élu, alors montrons-le au monde avec délectation dans l’âme. Il est très fort, et pas seulement quand il s’agit de faire du ski! »

 

David Cerny, pour la République Tchèque, note d’intention pour le projet Entropa


Commandée par la République Tchèque, pour inaugurer son arrivée à la présidence de l'Union Européenne, le 15 janvier dernier, l'exposition baptisée "Entropa" a produit un petit scandale, lors de son inauguration. L’idée initiale était déjà osée puisqu’il s’agissait de faire réaliser par 27 artistes des pays membres concernés, une œuvre proposant un « stéréotype » de son propre pays, une façon décomplexée - c’est devenu si politiquement correct ! - d’envisager une Europe sans barrière. Dans la plaquette éditée pour présenter ce projet on pouvait d’ailleurs découvrir, outre leurs biographies accompagnant une esquisse du volume qu’ils se proposaient de réaliser, les intentions parfois très polémiques de chacun de ces artistes.


Première déconvenue, l’œuvre réalisée, une sculpture monumentale, n’est pas l’œuvre d’un collectif de 27 artistes comme, cela avait été annoncé, mais d’un seul : David Cerny, l’artiste ayant révélé, le jour même de l’inauguration, la mystification.


Certes David Cerny a tenté, publiquement, de relativiser la situation en expliquant qu’il ne s’attendait pas à ce que cela soit pris autrement « que comme une blague », car, a-t-il ajouté  « un projet artistique n’est  pas une déclaration politique. »


Seconde déconvenue, la représentation des différents états (dont il faut rappeler qu’ils étaient prévus à l’origine par des artistes des pays concernés) a froissé certains représentants de ces états. La Slovaquie par exemple, n’a pas du tout appréciée d’être figurée par « une image de saucisson aux couleurs de la Hongrie voisine », la Bulgarie a également protesté contre « le module en forme de toilettes à la turque » sensée la représenter accompagné d’un commentaire plutôt explicite : « Notre projet est pour moi l’occasion de régler mes comptes avec le faux patriotisme, de me soulager de la misère de la vie matérielle et spirituelle bulgare. Et puis encore, cela énervera beaucoup de monde - c’est ce qui m’intéresse d’ailleurs, provoquer un scandale, notamment chez nous. C’est un geste punk, volontairement primitif et vulgaire, scatologique à la manière pubertaire. »


Entropa : La Bulgarie (projet)

Depuis, le représentant de la présidence Tchèque de l’UE a présenté ses excuses à ces deux pays « pour une possible insulte non-intentionnelle ».


A y regarder de plus près, l’œuvre n’est pas aussi innocente, ni si inoffensive que le prétend son auteur, elle est même assez cynique et sans doute polémique. Pour l'Allemagne par exemple, un enchevêtrement d'autoroutes a évoqué pour quelques spectateurs  une allusion à la croix gammée, même si David Cerny,  répondant à la presse tout en montrant un document explique : « c’est n’importe quoi : j’ai juste regardé les autoroutes allemandes sur google, c’est une partie d’une carte de google, donc c’est vraiment n’importe quoi, c’est vraiment un malentendu…(et jouant les artistes incompris)…alors oui si on veut on peut aussi voir une croix gammée avec ces lignes là… ». Lorsque l’on se reporte au texte qui accompagne le projet, dans la maquette éditée, on peut d’ailleurs lire : « Le relief mobile est une métaphore en mouvement de l’Allemagne comme pays de l’industrie automobile et des autoroutes. Le mouvement des transmissions est forcément cyclique. Elle montre la banalité d’une telle idée, mais elle met aussi en garde contre l’absurdité de la politique européenne des transports qui ne recherche pas d’alternatives efficaces au moteur à essence et aux autoroutes en constante expansion. ».


Entropa : L'allemagne (projet et module réalisé)

Si le propos ne se veut pas historiquement douteux, il n’en demeure pas moins que l’attaque politique est bien présente. De même, pour le Danemark composé d’un assemblage de Legos, lequel ressemble plus ou moins à l’une des caricatures qui dans ce pays avait défrayé la chronique en 2006…

 

Pourtant au lieu de s’offusquer, séparément du sens pièces plus ou moins littéral ou anecdotique que représentent ces 27 modules, les personnes concernées auraient été bien inspirées de se préoccuper de ce qui les tient ensemble, à savoir la grande structure bleue, un encadrement inspiré des grilles de modélisme, kits tenant ensembles des pièces et dont ordinairement il faut détacher les pièces pour construire l’objet. On se souviendra quand même que ce cadre - qui ici symbolise par sa tuyauterie grossière les liens qui unissent les pays de l’UE – est, dans la réalité avant tout jetable.

 


Entropa (vue d'ensemble)

« L’Europe se voit unifiée par son histoire, sa culture et, dans les dernières années, aussi par ses structures politiques communes. Les États, souvent hétérogènes, sont liés par des réseaux de rapports divers qui forment un ensemble complexe. De l’intérieur, nous percevons surtout les différences. Il s’agit de milliers de choses, importantes ou pas, des conditions géographiques à la gastronomie en passant par les petites habitudes quotidiennes. Le puzzle de l’UE représente une métaphore aussi bien qu’une glorification de cette diversité. C’est un puzzle des liens politiques, économiques et culturels qui nous sert de « jouet » mais que nous transmettrons également à nos enfants. L’objectif d’aujourd’hui, est de créer, pour les générations suivantes, un puzzle aux meilleures qualités possibles. L’Europe et sa pensée, c’est une tradition de l’autoréflexion, de l’esprit analytique et de la capacité de percevoir soi-même et son entourage avec le sens de l’ironie. Le projet artistique né à l’occasion de la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne cherche à montrer l’ensemble de l’Europe vu par 27 artistes de différents États membres de l’UE. Le dénominateur commun de leurs projets est une analyse ludique des stéréotypes nationaux mais aussi la faculté de caractériser de manière originale sa propre identité culturelle. » précisait pourtant David Černý, dans le texte dintroduction à la plaquette du projet Entropa.

 

Certes l’Europe reste à construire, mais cela ne tient ni d’un jeu d’enfant, ni même d’un plan de montage pré établi… Quoi que, à la limite… !  Mais jusqu’où peut bien se loger le machiavélisme ?

On pourra se demander en effet, comment, ayant connaissance du parcours de cet artiste, déjà connu dans son pays pour son esprit provocateur, les membres chargés de la mise en œuvre de ce projet artistique, dont la dimension politique n’était bien évidemment pas absente, on pu se laisser berner à ce point. Ce qui  a été dénoncé comme une entourloupe ne serait-ce pas finalement pas un geste plus ou moins attendu, voire souhaité. Les membres de la commission, tout en se disant « choqué » d’avoir ainsi été abusé (on le serait à moins quand on apprend par exemple que la location de cette œuvre s’élève à environ 50 000 euros), ont néanmoins décidé d'assumer le canular et leurs conséquences préférant annoncer que « Entropa n’est que de l’art, rien de plus, rien de moins » et de laisser ainsi l’œuvre en place dans l'atrium du Conseil Européen de Bruxelles, pour la durée initiale des six mois prévus.

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Ses nuits sont des suspens où la figure, à bout de bras retenue, bascule.

Le corps se déplie au rythme de l’horloge, l’image miroir de ses instants témoigne.


Les diodes décomptent la nuit, mesurent l'insomnie ou arbitrent les rêves : draps froissés et papier glacé des magazines - contrepoints de la figure captive -, résonance des mots en marge des corps, silhouettes exactes ou vibrations ; ici, l’arête d'un nez ou d'un coussin de lèvres, là, l’échancrure d’une épaule que l’ombre préserve.

L’œil, invité au contact, effleure le grain de peau, croise l’encre des lettres noires, se perd dans les creux d’un tissu-paysage.


Voici, à la lisière du désir, la douceur troublante de ces portraits intimes.

Louis - André Cordago.

 






Céline Guillemin
Instantanés


Du  11.01 au  07;03.2009

 La Cartonnerie
(Reims)



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Rauschenberg Tribute, (Musique Décentre de Brian Eno)



Pélican, 1965 - extrait
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Blu, Fantoche, 3’40‘’, 2007

(A regarder sur Undo.Net. ainsi que Le Corbeau de Ericailcane. Films d’animations présentés à l’occasion de la Mostra Drawings in action. Disegni animati dall'Italia. Centro Pecci di Prato, 2008.)

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Un jour, un messager, pénétrant dans un cabaret, vint trouver Franz Hals pour l’avertir qu’un étranger l’attendait dans son atelier et qu’il souhaitait que le peintre fasse son portrait. Hals qui se tenait, dit-on, toujours à la disposition de sa clientèle, accepta.

"L’étranger dit à Hals qu’il n’a que deux heures à lui donner. Le peintre prend la première toile venue, arrange sa palette assez mal et commence à peindre. Peu de temps après, il prie le modèle de se lever pour voir ce qu’il a fait. L’homme parait content de la copie et, après avoir causé sur des choses indifférentes, lui dit que la peinture lui semble assez aisée et qu’il veut, à son tour, essayer. Il prend une autre toile et prie Hals de se mettre à la place qu’il venait de quitter. Celui-ci, quoique surpris, ne tarde pas à s’apercevoir qu’il a affaire à quelqu’un qui connaît la palette et son usage. Peu de temps après, l’étranger le prie de se lever à son tour. Quelle fut sa surprise : « Vous êtes Van Dyck ! s’écrie-t-il en l’embrassant. Il n’y a que lui qui puisse faire ce que vous avez fait. » Van Dyck voulu l’engager à le suivre en Angleterre. Il lui promit une fortune, bien au-dessus de son état, qui était assez misérable. Il ne put rien gagner. Abruti par le vin, Hals répondit qu’il était heureux et qu’il ne désirait pas de meilleur sort. Ils se séparèrent avec regret. Dyck fit enlever son portrait que Hals venait de faire, après avoir répandu dans les mains des enfants quelques guinées que le père prit à son tour pour les répandre dans les guinguettes."

Extrait de Vies des peintres de Jean-Baptiste Descamps (1753), au sujet de l’exposition Van Dyck qui se tient au Musée André Jacquemart.

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