(Huile sur toile, 05.2009, Cult)
"Permanent invisible aux chasses convoitées,
Proche, proche invisible et si proche à mes doigts,
O mon distant gibier la nuit où je m'abaisse
Pour un novice corps à corps.
Boire frileusement, être brutal répare.
Sur ce double jardin s'arrondit ton couvercle.
Tu as la densité de la rose qui se fera."
René Char, Le Nu perdu (1964 - 1975), Ed. Poésie Gallimard
Huile surr toile - 03/09 - Chaumont
"Ainsi cette Aphrodite, dont la présence s'annonçait dans le titre de l'aquarelle, révèle maintenant son visage dans le visible, en une sorte d'apparition. Alors se déploie la chaîne qu'à l'exemple du langage il faut bien appeler syntagme de l'image, c'est à dire le mécanisme par lequel les éléments prennent du sens, par et dans leur assemblage. Dès lors, des formes qui jusque-là pouvaient de considérer comme non figuratives ou, à la limite, comme de vagues pictogrammes, s'investissent de valeur représentative : les rectangles s'assemblent en corps auquel une rondeur fournirait un sein et dont les demi-cercles rouges nichés dans l'ouverture des "jambes" offrirait avec impudeur, le sexe. Ainsi à l'exemple du récit mythique qui la fait sortir de l'onde, l'Aphrodite de Klee surgirait, elle, d'assemblages colorés."
Claude Frontisi, "Klee, Anatomie d’Aphrodite (le polyptyque démembré)", Editions Adam Biro - Collection 1/1 - 1990. P.14
Lavis, 08.1996